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L'ETHIOPIE - AXOUM (2/3)

Les Sabéens introduisent en Ethiopie leur religion, d’origine sémitique (ils vénèrent essentiellement le Soleil, la Lune et Vénus), leur architecture (temples) et leur art, une langue écrite. Ces éléments sont assimilés progressivement par les peuples du Tigré, puis ceux de l’Amhara, qui abandonnent leurs cultes (culte des arbres et des eaux, du serpent, divers cultes totémiques) pour adorer (à Yéha, par exemple) Sin, dieu lunaire, Ashtar (Vénus), et Nourou (la « resplendissante »). A Yéha encore mais également près d’Azbi, on adore le dieu lunaire sous le nom d’Almouqah, et ses deux sanctuaires portent le nom d’Aoua, comme le temple sabéen du dieu. Sur le plateau du Tigré, les divinités se différencient par leur rôle ou leur nom de celle de la patrie d’origine. A Aksoum où l’on vénérait le soleil sous le nom sabéen de Dzât-Badân, divinité féminine à laquelle semble consacré le cheval, on se met à vénérer une triade Ashtar, Behér (la Mer), Médèr (la Terre). Puis les rois adoptent pour divinité tutélaire Mahrem (guerre) et finissent par faire de Behér le dieu de la terre et de la mer à la fois. Des temples et des autels sont dédiés à ces dieux, avec leurs enceintes sacrées. On leur brûle de l’encens, leur offre des statues d’or, d’argent ou de bronze et de gigantesques trônes en de pierre taillée. Les victoires sont l’occasion de sacrifices sanglants de bestiaux et de captifs. Un culte funéraire est attesté par des temples établis sur les tombeaux dits « de Ménélik » et « de Caleb et Gabra-Masqal » et par des tables d’offrandes disposées au pied de stèles. Les tombes retrouvées sont vides d’objets et n’abritent que des squelettes pour lesquels un dernier sacrifice à été offert avant de fermer la sépulture.

Une place privilégiée dans le christianisme täwahedo
D'après la tradition éthiopienne relatée dans le Kebra Nagast (Käbrä Nägäst, livre de la Gloire des Rois) - propre à la tradition canonique de l'Église orthodoxe autocéphale, l'Arche d'alliance aurait été volée par un roi d'Aksoum, Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la légendaire reine de Saba, puis cachée dans la cathédrale Sainte-Marie-de-Sion, où elle se trouverait toujours. Les rois éthiopiens ont toujours, jusqu'à Ménélik II, fait célébrer leurs cérémonies de couronnement dans cette cathédrale.
Aksoum demeure aujourd'hui le cœur identitaire de l'Éthiopie moderne, particulièrement pour les Tigréens.

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